mer.

03

févr.

2010

Le cyclone OLI

La saison cyclonique 2009/2010 est caractérisée dès octobre comme « El Niño modéré ». Au cœur de cette saison, OLI, cyclone de taille et d’intensité moyennes, a principalement manifesté sa puissance en Polynésie par la très forte houle qu’il a générée et son impact direct sur l’île de Tubuai. Il aura parcouru quelques cinq mille kilomètres à travers le Sud-Ouest de l’océan Pacifique et la Polynésie française entre le 1er et le 6 février.

Passage à proximité des îles de la Société

Le dimanche 29 janvier, à 3000 kilomètres de Tahiti, au Nord des Iles Fidji, dans la Zone de Convergence Inter Tropicale, des amas convectifs, sous surveillance, commencent à s’organiser en dépression. Le 1er février au Nord des îles Cook, à 1500 kilomètres de Tahiti, la dépression s’intensifie en Dépression Tropicale Modérée et est nommée OLI. Les prévisions diffusées dès ce jour par Météo-France Polynésie, annoncent OLI s’intensifiant et passant 72h plus tard à proximité des îles de Scilly et de Mopelia, s’approchant par le sud-ouest à quelques centaines de kilomètres des Iles Sous Le Vent (tandis que d’autres agences météorologiques font passer la trajectoire plus au Sud.). Sur cette base, le niveau de mise en garde cyclonique est passé dès 8h pour l’archipel de la Société et les Iles Australes du nord. La trajectoire se confirmant, le niveau d’alerte orange est passé le lendemain à 8h, puis l’alerte rouge le 3 février à 7h pour les ISLV et à 18 h pour les Iles Du Vent. Finalement OLI, à la limite de cyclone tropical, passera aux alentours de Mopelia, mercredi à 14h, puis au Sud-Ouest des ISLV (à 160 km de Maupiti) au plus près dans l’après-midi de mercredi et à 300 km au large de Tahiti dans la nuit du 3 au 4 février. Des rafales de plus 100 km/h se sont produites localement sur toutes les îles de la Société et une mer très grosse a été constatée avec des vagues de 6 à 7 mètres.
On peut aussi noter qu’à l’approche du cyclone, Tahiti a bénéficié de conditions relativement favorables entre le centre actif du cyclone et une bande périphérique active plus à l’Est. Par contre, l’ouest des Tuamotu, après avoir été concerné par une dépression en formation et bien qu’épargné par le risque des vents les plus forts d’ OLI, est resté sous l’influence de cette bande périphérique pendant une bonne partie du déplacement sud-est d’OLI, les conditions météorologiques y ont été exécrables pendant plus d’une semaine.

Passage sur Tubuai

La trajectoire prévue diffusée le mercredi matin fait passer le centre d’OLI sur l’île de Tubuai. Passé au large de Tahiti, OLI s’intensifie alors nettement.

L’alerte rouge est déclenchée sur les Australes jeudi 4 à 00h30. Le cyclone OLI, précédé d’une forte houle, associé à des vagues atteignant 8 mètres et à une surcôte cyclonique d’environ 1,50 mètres principalement sur la façade est de l’île, passera sur Tubuai dans la nuit du 4 au 5 février, entre 4 et 5 h locale. Le phénomène de l’œil a pu y être constaté par les habitants qui avaient été préalablement mis à l’abri. Le vent d’est fort se calme pour reprendre de plus belle de direction opposée vers 5 heures. Le calme momentané a pu être mis à profit pour quelques contacts téléphoniques via satellite et rechercher des habitants en situation difficile. Les vents maximum observés (à l’heure ronde) à la station météorologique de Tubuai, l’ont été à 7h pour le vent moyen (105 km/h), et entre 6 et 7 h pour les rafales (170 km/h). En extrapolant ces valeurs au moment du paroxysme, on peut estimer qu’une pression de 950 hPa a été atteinte avec des vents maximum moyens de 120 km/h et des rafales supérieures à 180 km/h. Elles pourront être précisées si les données enregistrées par la station météorologique automatique toutes les six minutes peuvent être récupérées. Les îles de Rurutu et de Raivavae, restées à plus d’une centaine de kilomètres du centre du cyclone, ont connu des conditions moins extrêmes.

OLI parmi les cyclones les plus puissants sur la Polynésie française

Ce type de trajectoire, de Mopelia vers Tubai en passant au sud-ouest des îles de le Société avait déjà été suivi dans le passé par le cyclone MARTIN en novembre 1997 et par le cyclone WASA en décembre 1991 dont l’œil était lui aussi passé exactement sur Tubuai avec des rafales mesurées à 148 km/h. OLI s’est intensifié dans la première partie de son parcours entre Tahiti et Tubai (jusqu’à, sans doute, atteindre des pressions de 940 hPa et des vents moyens de 150 km/h avec des rafales à plus de 200 km/h) pour légèrement diminuer avant son impact sur Tubuai.
Quelque soient les résultats des analyses plus poussées qui seront menées, OLI sera dans le peloton de tête des cyclones les plus intenses sur la Polynésie française, ces trente dernières années, avec ORAMA (en 1982), VEENA (en 1983), OSEA (en 1997) et KIM (en 2000).

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